Corsica Cristiana

Qui sommes-nous ?

, 22:59pm

Publié par Corsica Cristiana

   Qui sommes-nous ? Nous ne sommes pas un parti, car qui dit « parti » dit partition, fraction, et nous nous adressons, au-delà de tous les clivages, au peuple corse – à tous ceux au cœur desquels le Dio Vi Salvi Regina dit encore quelque chose. Nous sommes un cercle de réflexion et d’action qui se donne pour but de sauver la Corse, à la lumière de l’Evangile, et de la doctrine de l’Eglise. Au demeurant, nous sommes des gens libres, et fiers de l’être. Nous ne prenons pas nos ordres de l’Evêché, comme d’autres prennent les leurs des états-majors parisiens, ou des Loges maçonniques. 

   La Corse, notre patrie, est en danger de mort. Inutile de se voiler la face. Un regard lucide jugerait même qu’elle est déjà morte. 

   De fait, elle souffre des mêmes maux que l’Europe entière, mais aggravés : violences, meurtres, drogue, suicides, avortements font des ravages, et la Corse détient de tristes records. Ajoutons que, d’année en année, le tissu social corse se réduit comme une peau de chagrin. Une substitution de population est en train de s’opérer : combien restera-t-il de corses dans trente ans ? Poser la question, c’est y répondre. Le « problème corse », comme disent les parisiens, sera alors résolu… par la suppression de l’énoncé. Le sort de notre patrie paraît donc scellé. 

   Mais nous ne nous résignons pas, et notre cœur dément notre raison. Nous pressentons qu’enraciné au sein de l’extrême danger, comme dit le poète, croît ce qui sauve. 

   Comment en sommes-nous arrivés là ? Le poisson pourrit par la tête. La tête, ce furent les « Lumières » du 18ème siècle, qui virent l’émergence de l’individu et l’autonomie de la Raison humaine. Elles promettaient, avec le Progrès, le Bonheur sur la terre. Mais ce siècle inventa le sous-homme et le racisme. Il suffit de lire Voltaire pour s’en convaincre. Il engendra aussi toutes les utopies qui fleurirent au 19ème siècle, et ses Arcadies finirent en camps de concentration et en massacres. Bien des pages du Contrat Social de Rousseau pourraient être signées Staline, d’autres pourraient être signées Hitler. Enfin, après l’écroulement des deux totalitarismes, voici l’âge dit « post-moderne », fondé sur la royauté de l’individu, et fruit de l’ « Etat bourgeois » : ce sont nos démocraties modernes qui promettent à chacun le maximum de satisfaction : tolérance, écoute, dialogue, communauté de destin. Idéal séduisant, mais menteur. Il s’agit, en fait, du plus sournois des totalitarismes, redoutablement efficace, qui consiste à faire collaborer les prétendus rois à leur propre asservissement. Car jamais ces rois ne furent autant esclaves : non seulement ils ont peur de dire ce qu’ils pensent, mais ils ont peur de le penser ! La « gouvernance » - le « Grand Frère », ou plutôt la « Grande Mère » veille sur eux, leur souffle leur conduite, guide leurs pensées, et leur apprend même à se laver les dents. 

   Mais, comme on étouffe dans ce Paradis sans ciel, naît la dernière utopie, radicale : sortir de l’humain, créer une espèce nouvelle, qui sera à l’homme actuel ce que ce dernier est au singe. Les progrès foudroyants de la science et des techniques autorisent tous les espoirs : à partir de la matière inerte, on créera un être parfait, divinement beau, infiniment intelligent, débarrassé des angoisses métaphysiques, et quasi, sinon totalement, immortel. Déjà les laboratoires y travaillent. Les Américains s’enorgueillissent d’avoir, par hybridation, obtenu des porcs aux yeux humains (pour faire pendant sans doute aux hommes aux yeux porcins qui existent déjà.) c’est peu sans doute, mais c’est encourageant ; on arrivera bien un jour dans cette « terra incognita » qui fait fantasmer.

   Bref, il s’agit de changer l’homme, comme le voulait déjà Diderot. C’est la conséquence nécessaire des lumières. 

   Le combat contre la Nature est au cœur du monde « post-moderne », dont le maître-mot est « ne rien accepter qui n’ait été expressément voulu ». Cela implique la disparition pure et simple des peuples et nations. En effet, qu’est-ce qui n’a pas été expressément voulu par chacun, si ce n’est sa patrie, sa famille, le temps et le lieu de sa naissance ? Qui donc a choisi ses parents ? Voilà ce que notre monde rejette. Certains s’en réjouissent, comme naguère Derrida, aujourd’hui Attali. Faut-il les suivre pour être à la page ? 

   Nous, nous voulons rester des hommes. Nous sommes liés d’honneur à cette terre, où nous sommes nés, où reposent nos ancêtres, et dont on ne nous dépossèdera jamais. 

   Mais comment la sauver ? Comment sauver notre peuple ? Pour sauver un peuple, nous dit Heidegger, il ne suffit pas de l’arracher aux dangers qui le menacent, il faut aussi le reconduire dans son essence. Or, son essence, c’est son Histoire, qui a été pétrie de christianisme – comme toutes les nations d’Europe-, mais avec des caractères particuliers : la Corse est à la fois mariale, franciscaine et vaticane. 

   Sauver la Corse c’est donc, remontant en amont de 1789 et de la conquête française, renouer avec son passé, avec Pascal Paoli et les Pères Fondateurs de notre nation, retrouver leurs institutions, leurs lois, et l’esprit qui les animait : « omnia instaurare in Christo » : tout renouveler dans le Christ – car il s’agit d’un renouvellement, et non de la répétition mécanique du passé. Ici s’impose la distinction entre la foi et la chrétienté : la foi est un don de Dieu, on l’a ou on ne l’a pas, et ceux qui l’ont n’y ont aucun mérite. La chrétienté, sécrétée par la foi de nos aïeux, est une réalité objective, en un mot une culture. On peut donc être attaché à cette culture, vouloir « campà a cristianinu » sans avoir la foi, mais on ne saurait nourrir d’hostilité envers elle. C’est à ce grand retour, condition de notre survie, que nous convions nos compatriotes. 

   Il est effarant d’entendre, en Corse comme ailleurs, tant de discours politiciens, aveugles aux réalités présentes, ignorants cette volonté fanatique de détruire la Nature. C’est que ces bateleurs ne sont que des polichinelles. La puissance ténébreuse sans voix et sans visage – monstrueuse en langage heideggérien -, satanique en langage chrétien - qui tire les ficelles, a intérêt à les laisser parler pour ne rien dire : pendant ce temps elle agit, et sape les fondements de la société humaine. Contre elle, Corsica Cristiana se dresse et ses moyens de défense sont avant tout de la connaître et de la faire connaître, de la démasquer pour la vaincre.

   Le combat sera rude, et nous entendons déjà les veaux ricaner « quelle chance avez-vous de l’emporter ? » Nous répondons : « à vue humaine, aucune ; mais quelle chance avait David contre Goliath ? » La Victoire sera avec nous. « Victoire » : c’est le nom latin que Nobili-Savelli, dans son superbe poème latin « Vir Nemorum » (« L’Homme des Bois Sacrés ») donne à la Sainte Vierge. Elle est plus puissante en effet qu’une armée rangée en bataille. Et nous prendrons pour devise, si notre évêque nous le permet, la devise qu’il connaît bien, puisque c’est celle de sa famille : « consistant adversus nos castra, non timebit cor nostrum » : « quand bien même des légions se lèveraient contre nous, notre cœur ne tremblera pas. »

Don antoine Luciani

Paul michel Castellani-Leandri

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