Corsica Cristiana

L’irresponsable responsable

22 Juin 2020, 15:32pm

Le coronavirus est ravageur, mais à quelque chose malheur est bon : il pose certains problèmes jusqu’ici réservés aux philosophes ou aux juristes, mais qui, grâce à lui, émeuvent le vulgum pecus, et le forcent à réfléchir. Ainsi la famille des victimes cherche-t-elle des responsables.  Qui a géré cette crise, et comment ? Il est bien évident qu’il y a eu des « disfonctionnements » -pour ne pas employer le mot juste – à tous les niveaux : ministères, services sanitaires, hôpitaux, etc. Naturellement on attaque en justice les présumés coupables, et on monte jusqu’au sommet du Pouvoir –les ministres eux-mêmes. Mais pourquoi ne pas monter plus haut encore ? Le chef de l’Etat, qui détient le Pouvoir suprême, n’est-il pas les premier responsable ? Or, lui, et lui seul, est « irresponsable ». Lui, le responsable de l’Etat, le Souverain ! 

Tout le monde connaît les géniales remarques sur ce sujet du grand juriste allemand Carl Schmitt. Il met bien en lumière ce paradoxe : celui qui fait les lois, et en est le garant, est lui-même « hors la loi » : il lui suffit de déclarer « l’état de détresse », et toutes les lois sont abolies. Pas d’action judiciaire possible contre lui. Il ne doit de comptes à personne. On dira qu’il en doit à sa conscience. Mais s’il n’a pas de conscience ? Mais si sa conscience est erronée ? Rien n’y fait. Il est comme Dieu, et s’il n’est pas Dieu lui-même, il en partage les privilèges. Mais –paradoxe !- il les partage également avec tous les aliénés qui peuplent les asiles. Eux aussi échappent aux tribunaux. Voilà un el exemple d’égalité démocratique. C’est une évidence. Si quelqu’un la niait, il tomberait dans le péché mortel de « discrimination » et on sait que les lois de la République ne plaisantent pas avec ce genre de crimes. Corsica Cristiana s’en gardera bien, selon sa déontologie. Elle ira même, par souci d’orthodoxie, jusqu’à proposer une manière nouvelle, et plus simple, d’élire notre Président : au lieu d’organiser de élections coûteuses au suffrage universel,  - dont on sait comment il peut être truqué - on pourrait réunir les pensionnaires d’un asile, et tirer au sort l’un d’entre eux. La Démocratie serait bien mieux respectée, et les choses n’iraient pas plus mal.

Peut-être cette conclusion paraitra-t-elle quelque peu irrespectueuse. Elle est logique. Mais nous savons bien que la logique ne fait pas toujours bon ménage avec la morale, non plus que le Droit. Si elle choque la Haute Autorité, nous nous rétractons humblement, et nous demandons à cette dernière de nous dire en quoi nous avons péché, afin que nous puissions nous corriger et ne plus quitter à l’avenir le chemin de la Sagesse. 

 

Coriolan

 

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