Corsica Cristiana

Perplexités

4 Mai 2020, 17:16pm

Sa majesté Virus et les perplexités de Corsica Cristiana

De quoi parler en ce temps qui invite à réfléchir aux réalités profondes, comme le dit si bien le Chef de l’Etat, sinon du Corona virus ? C’est le Dieu des temps post-modernes . Nul ne l’a jamais vu , mais tous constatent ses effets dévastateurs. C’est lui, désormais, qui partage l’histoire humaine : On disait :A-C et P-C (ante christum et post Christum),On dira maintenant : A-V et P-V . C’est l’opinion générale, c'est-à-dire celle de la Haute Autorité. Et nous la croyons. Jamais, en effet, Corsica Cristiana ne déviera de la ligne qu’elle s’est fixée : ne jamais dire ce qu’il ne faut pas dire, ne jamais penser ce qu’il est interdit de penser.

Mais les choses ne sont pas si simples : encore faut-il savoir ce que pense la Haute Autorité. Souvent ce n’est pas facile et nous sommes bien embarrassés; en voici quelques exemples : 1) En l’an 1 A-V a été édictée une loi sur la question si importante de la fessée. Elle est dorénavant interdite, tant dans les classes que dans les foyers. Notre premier mouvement fut de nous dire « En voilà un qui doit être content ! » Mais, à la réflexion, des doutes sont survenus : et si la Haute Autorité faisait au contraire grise mine ? Songeons à l’étrange plaisir du jeune Jean-Jacques, quand il reçut cette helvétique fessée qui fit rougir ses fesses –soleil levant de la psychanalyse - . Devons-nous donc nous réjouir ou déplorer ? Perplexité…

Autre exemple : l’enterrement du Président Chirac. Ce fut beau, ce fut grand, ce fut digne de la République. Tous les Grands de ce monde étaient là, unis dans la fraternité universelle. Les Français, devant leur télévision, se pâmaient d’extase. On vit même un capitaine de pompiers pleurer dans son casque. Le Président, pour éviter toute discrimination religieuse, restait «  équidistant » selon les conseils de son ami et laudateur B.H.L. le grand philosophe à la mode. L’ Archevêque, qui présidait, offrit une oraison pleine de dignité et de modération, rendant à César tout ce qui lui était dû, selon le précepte évangélique. Bref, tout fut parfait , sauf que Chirac , l’objet de tant d’honneurs posthumes …était excommunié !Le Droit canon est formel :est excommuniée toute personne ayant pratiqué, permis ou facilité l’avortement .Et Chirac était dans ce cas. Lui accorder des funérailles religieuses, c’était pire que de donner la légion d’honneur à un traître. Que penser de cette énormité, si énorme que personne ne l’avait vue ? Seule explication : Chirac avait, avant de trépasser, confessé son péché mortel, et demandé pardon. Dans ce cas l’excommunication était levée. Mais alors, il fallait que la repentance fût publique. On pourrait certes rétorquer qu’il avait perdu la raison. Mais il ne s’était pas repenti lorsqu’il l’avait. Perplexité... Demandons donc à François ce que nous devons penser de ce cas extraordinaire : il est expert en casuistique.

Il vient de faire paraître en anglais, sous un clair pseudonyme, ses réflexions sur le corona virus. Un coup de génie : il montre comment, comme les immigrés sont une chance pour les pays d’accueil, le virus pourrait être une chance pour la planète. Qui la souille, en effet ? L’homme. Supprimons donc les hommes, et l’Amazonie refleurira, le monde redeviendra un Eden. C’est évident. Oui, seul François pourra saver Chirac.

Ce qui est dépourvu de toute ambiguïté, en revanche, c’est le mystère du Virus : Quand tous les savants se contredisent, les contradictions s’annulent, et la vérité paraît. C’est le cas, et la Vérité est que personne ne sait rien. Notons, toutefois, une spécificité corse : parmis toutes les causes possibles, il en est une propre à « L’île de beauté » : les élections. Tout le monde est allé voter, à l’appel des candidats. Et , les résultats connus, ce fut une avalanche de baisers dans l’explosion de joie des partis vainqueurs. Çà, c’est vraiment corse. Des baisers anti-virus. Et c’est tout à l’honneur du pays de Napoléon et de la Vierge. L’Amour (des urnes) est plus fort que la mort. « Laudatu si’ mi signore » !

Lucien Antoni.

 

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